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Pourquoi raconter la vie de l’équipe en revue d’itération ?

Photo by Cel Lisboa on Unsplash

Pourquoi raconter la vie de l’équipe en revue d’itération ?

Scrum n’a pas été fait au hasard !

Aujourd’hui j’ai envie de rebondir sur un commentaire de Scrum Life sur l’épisode #9 intitulé “La Revue d’itération, bien plus qu’une démo” et dans lequel j’explique le déroulé et le sens de la revue d’itération. (les liens sont en fin de l’article)

Voici le contenu du commentaire :

Très intéressant, par contre je me demande quel est l’intérêt pour les sponsors et les utilisateurs d’avoir une vision sur le déroulement du sprint et les US, que peut leur apporter cette information ? Qu’on leur donne une vision macro de ce qu’ils vont avoir par la suite je visualise mais rentrer dans le détail du backlog et de l’organisation de l’équipe je comprends moins. Merci !

Je me permet de reformuler la question sous un forme beaucoup plus brute :

Pourquoi l’équipe raconte-t-elle sa vie en revue d’itération ? Quel intérêt ? En quoi cela peut-il bien intéresser les parties prenantes ?

Ce n’est pas un hasard

Je vois beaucoup de raisons bénéfiques à ce partage.

Certaines sont très légitimes, d’autres plus ambigües… Mais servent toute un but plus général qui va permettre à Scrum de fonctionner.

Passons en revue ces raisons :

  • Oui, cela intéresse les parties prenantes !
  • Cela aide les parties prenantes à prendre en main leur nouvelle posture
  • C’est la meilleur manière d’évangéliser cette manière de travailler
  • Cela donne une approche saine du management
  • C’est un forum permettant à l’équipe de demander de l’aide aux sponsors

Alors, oui, cela intéresse la plupart des parties prenantes !

En effet, la plupart des parties prenantes sont curieuses et ont envie de savoir comment ça se passe dans les équipes.

Il arrive souvent qu’il leur soit difficile de se libérer du temps dans leur agenda, mais cela ne veut pas dire que cela ne les intéresse pas pour autant — bien au contraire.

On peut aussi se rappeler qu’en France on finit généralement manager après avoir été un bon expert. Donc oui, savoir comment ça se passe en pratique, ça les intéresse.

C’est un outil puissant pour garder les parties prenantes à leur place

Justement, en tant que managers… D’autant plus en tant qu’anciens experts… L’habitudes du micro-management peut avoir la vie dure.

Avec le passage à l’agilité c’est un combat de tous les jours pour ces personnes de ne pas mettre les mains dans les équipes, de les laisser prendre des décisions, de les laisser s’auto-organiser.

Et justement, le meilleur moyen d’aider ces managers à gérer ces tendances, c’est de leur offrir ce “vis ma vie” pendant la revue d’itération.

Comme dit précédemment ces managers en sont souvent friands, ça les ramène au “concret” qu’ils ont connu précédemment dans leur carrière et qui peut-être aujourd’hui leur manque un peu dans leur nouvelle vie de manager.

Mieux encore, cela aura un véritable effet thérapeutique vis-à-vis de leur envie d’intervenir dans l’équipe. Cela leur donnera du grain à moudre intellectuel pour les rattacher au concret.

Mais cela va encore plus loin : cette revue d’itération va montrer que l’équipe a rencontré des problèmes, et qu’elle a réussi à les résoudre, par elle-même !

C’est donc un élément clé pour démontrer que l’auto-organisation c’est possible, et que ça marche.

C’est le meilleur moyen d’évangéliser cette manière de travailler

Par ailleurs, tout ce “vis ma vie” est un levier d’évangélisation incroyable.

Tout d’abord parce que cela montre “à quoi ça ressemble en pratique” tout en montrant que, en effet, l’auto-organisation et tout ça, ça marche, et ça marche comme ça.

Et ensuite, évidemment, parce que c’est le forum privilégié d’échange avec les parties prenantes.

Dans le framework Scrum, c’est le seul événement où les parties prenantes interviennent.

C’est donc le moment idéal pour faire de ces parties prenantes les porteurs de cette manière de travailler.

C’est une manière saine et agile de faire du management

La revue d’itération est aussi un moyen pour les parties prenantes de prendre la température de l’équipe.

D’un point de vue managerial, comment savoir ce que valent les personnes dans ces équipes ? Comment les évaluer et comment continuer de les accompagner ? Il devient difficile, ou du moins indésirable, de les juger uniquement sur leur performance individuelle.

Aussi, pour les managers, la revue d’itération est un moyen de juger de la performance d’équipe. Et ceci, sans tomber dans le suivi d’indicateurs simplistes ou faciles à détourner : non, au contraire, en intégrant des interactions et des échanges entre l’équipe et les parties prenantes.

C’est un moyen très puissant de faire du management de manière saine et compatible avec l’agilité…

Cela permet à l’équipe de demander de l’aide

Enfin, pour l’équipe c’est aussi le forum idéal pour demander de l’aide aux parties prenantes et sponsors.

Par exemple demander d’acheter des devices mobiles, d’augmenter le budget AWS pour l’intégration continue, ou d’enclencher un nouveau recrutement…

Et quelle meilleure manière d’amener le sujet du budget, quel meilleur argumentaire pour le justifier que de partir de ce qu’il s’est passé pendant l’itération ?

Car c’est bien le concret de cette itération qui illustrera le mieux ce besoin, les risques de ne pas y répondre, et les gains potentiels à saisir.

Et c’est encore plus puissant de le faire ainsi, pendant la revue d’itération, tous ensemble et en direct entre l’équipe et les sponsors. Sans passer par la bureaucratie du management, des RH ou des procédures d’achat. Et sans perdre le sens profond du besoin, et sans perdre son urgence.

Le sens profond de la revue d’itération

Cet évènement de Scrum apporte tellement que c’est à se demander si ce n’est pas le plus important de tous…

Buts de cet évènement :

  • Avoir du feedback
  • Créer du lien avec les parties prenantes
  • Construire la confiance
  • Faire bouger toute l’organisation

Avoir du feedback

C’est le sujet d’origine de ma vidéo !

La Revue d’itération, bien plus qu’une démo

Si on fait une démo, ce n’est surtout pas pour montrer patte blanche et dire qu’on a bien travaillé.

Non, c’est bien pour avoir du feedback sur ce que l’on a construit et sur la direction qui est prise !

Dit autrement, cette démo ne doit pas ressembler à une réunion.

Si à aucun moment on ne donne la souris ou la tablette, il faut se poser des questions. Ne posons pas de règle systématique, mais tout de même il faut se poser des questions. Quel feedback donner quand on voit juste des slides, ou quand on nous donne une démo à sens unique, sans prendre la main sur le produit ?

Plus précisément, quel niveau de qualité de feedback pourra être donné ? Ne pas réellement prendre en main le produit est la recette idéale pour se focaliser sur des détails sans intérêt…

Créer du lien avec les parties prenantes

Evidemment, tout se passe mieux lorsqu’on crée du lien ! Et les parties prenantes ne font pas exception.

C’est même un sacré risque pour tout le produit lorsque l’équipe est déconnectée des parties prenantes…

C’est donc un des enjeux essentiels de la revue d’itération : de créer du lien entre l’équipe et les parties prenantes.

Ce lien est à double sens :

  • En tant que partie prenante, comprendre les aléas du développement du produit
  • En tant qu’équipe, comprendre le contexte et les enjeux de la situation
  • Collectivement, pouvoir définir et actionner le meilleur plan d’action

Et, quoi qu’on en dise : parfois, l’équipe a besoin des parties prenantes ! Généralement lorsqu’il est question de budget 😉

Construire la confiance

Une chose m’a toujours surpris dans le Scrum Guide : on insiste lourdement sur la transparence, on explique que c’est un des piliers de Scrum, et on explique en quoi chaque rôle, chaque évènement, chaque artefact intègre cette notion de transparence et a son rôle à jouer pour l’atteindre… Mais à aucun moment n’est expliqué pourquoi cette transparence est essentielle !

À titre de comparaison, les deux autres piliers — inspection et adaptation — ont une motivation claire : le framework repose sur l’empirisme. Inspection et adaptation, c’est quasiment la définition de l’empirisme en pratique. Mais rien sur la transparence !

Alors pourquoi la transparence ?

En quelques mots : sans transparence, le framework ne marche tout simplement pas.

Plus précisément : sans transparence, on n’arrivera pas à mettre en place le framework.

Et pourquoi ? Parce que ce que l’on cherche, c’est la confiance. Sans confiance, pas d’auto-organisation. La transparence est fondamentale pour acquérir cette confiance !

Faire bouger toute l’organisation

Enfin, la revue d’itération est un moment clé pour porter la transformation en dehors de l’équipe.

On peut faire à nouveau le lien avec la transparence.

On veut être extrêmement transparent à la fois pour dissiper la peur du changement mais aussi pour montrer par l’exemple et rendre concret et factuel cette nouvelle manière de travailler.

Et vous, pourquoi faites-vous vos revues d’itération ?

En avez-vous gardé l’esprit original de Scrum ?

L’avez-vous adapté ? Pourquoi ? Consciemment ou sans faire attention ?

Que vous évoque la lecture de cet article ?

Pour aller plus loin

La vidéo Scrum Life #9 : La Revue d’itération, bien plus qu’une démo

Photo by Cel Lisboa on Unsplash

Lien vers le commentaire : https://www.youtube.com/watch?v=qWRrW9_h3DU&lc=UgxcoK-SgncV8OXOkYF4AaABAg

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Bad smell : une revue d’itérations avec slides

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Réflexion de fond : quel est l’évènement le plus important de Scrum ?

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