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Merci Philipe pour ces détails,

Pour faire écho à mon article précédent, je comprends que vous cumulez plusieurs éléments sujets à des préconceptions sociétales et je comprends également votre inquiétude par rapport au marché.

Le mieux que je puisse vous dire, c’est d’essayer d’en faire un atout : si on ne vous engage pas pour une mission à cause de ces critères, c’est probablement que l’employeur/le client n’en vaut pas la peine. S’ils outrepassent ces éléments pour se focaliser sur vos atouts et sur ce que vous pourriez leur apportez, les chances d’être en face de personnes constructives est assez élevé.

Le business des certif

Voici mon point de vue sur les certifications :

  • Elles sont d’une valeur limitée (formation de 2 jours vs. expérience terrain…)
  • Une certification ne garantit en rien que le candidat sera bon SM ou PO
  • En France la plupart des employeurs ne regardent pas vraiment les certifications
  • À l’étranger, ou dans les grosses boîtes internationales dont la culture première n’est pas française, je reconnais par contre que ces certifications sont comme un sésame sans lequel ce n’est même pas la peine de candidater

En ce qui vous concerne, c’est probablement un bon choix — si vous en avez les moyens bien entendu — dans la mesure où cela vous permet de rentrer dans le bain par la formation, cela vous permet de simplement savoir ce que c’est !

Qui plus est, je ne suis pas sûr que votre situation vous permette de toutes façons de découvrir les rôles via des opportunités sur le terrain comme j’ai pu en bénéficier.

Pas tout à fait une réorientation professionnelle

Vous avez raison, vous devez connaître ces nouveaux outils. Mais finalement, dans votre cas, il n’est pas réellement question d’une réorientation professionnelle.

Certes, vous changez de poste et de méthode, mais celles-ci sont connexes à ce que vous connaissez déjà.

Il n’est pas question de devenir éleveur de chèvres dans le Larzac : dans ce cas, en effet, on pourrait dire que vous repartiriez de zéro professionnellement parlant.

Loin de moi l’idée de minimiser la valeur de Scrum, de l’Agilité et des pratiques associées, mais dans votre cas le fond est le même : c’est un projet d’informatique qui essaie d’apporter de la valeur à des utilisateurs.

Et à cet effet, on graisse les engrenages des équipes, on minimise les risques, on renforce en permanence la vision… Des éléments qui, je pense, vous sont familiers.

Comme je l’ai dit précédemment, le mindset dans ce nouveau poste est différent de ce que vous avez précédemment connu, néanmoins vous devriez être capable de tirer parti de vos expériences passées.

Alors, junior ou pas junior ?

Oui et non. C’est votre première expérience dans ce rôle, mais vous avez de l’expérience dans des rôles connexes qui vous aideront.

C’est comme si je comparais un nouveau Scrum Master qui sort d’école de management avec un nouveau Scrum Master qui était précédemment dans le développement, le management ou la gestion de projet — disons 5 ans, 10 ans ou même plus encore. Ils sont en effet tous novices dans leur rôle de Scrum Master, mais ceux qui ne sortent pas de l’école auront par contre déjà une expérience indirecte mais réelle de différents aspects du job :

  • L’ancien développeur aura naturellement un focus sur la construction d’un environnement sain pour les équipes de développement, et gardera en tête l’aspect essentiel de l’excellence technique
  • L’ancien manager aura naturellement un focus sur l’organisation et sur la levée des points de blocage, et adoptera naturellement les postures de bouclier de l’équipe ou de coach visant l’amélioration continue
  • L’ancien chef de projet aura naturellement un focus sur le delivery et sur la satisfaction du client, et challengera à raison l’équipe sur les éléments de risque qu’ils rencontreront, tout en étant un organisateur hors-pair

Alors dites-moi, Philippe : êtes-vous junior ?

Vous êtes indubitablement un Scrum Master junior mais cela serait absurde de faire fi de vos expériences précédentes et de vous considérer comme un junior.

Forcément, on veut de l’argent ! (Photo par Charles Deluvio sur Unsplash)

Et le salaire dans tout ça ?

Je ne peux pas répondre à votre place !

Si vous pouvez vous permettre financièrement une faible rémunération, et que l’expérience professionnelle à la clé vous permettra de vous épanouir (ce qui en soit n’a pas de prix !) mais aussi d’étoffer dans le concret votre prise en main du rôle (vous ne serez pas seul sur le projet : vous grandirez mutuellement de vos collègues mais aussi de vos pairs sur les autres projets) alors cela ne me semble pas être un mauvais plan.

Par ailleurs, une fois passé quelques années dans le rôle, plus personne ne songera à vous comparer à un junior. Cela peut donc être un tremplin, une régression de salaire seulement temporaire.

Si par contre vous ne pouvez (ou voulez) pas vous permettre une baisse de salaire trop significative, alors bien entendu refusez. Mais il n’est pas exclu que sur ce marché les employeurs qui acceptent de payer plus soient ceux qui proposent des missions moins épanouissantes ni enrichissantes…

Dites-vous qu’il n’y a pas de mauvais choix. On ne peut pas prédire l’avenir, on ne peut que faire des paris et ne garder ensuite que le meilleur de ce qui arrive. On apprend en faisant.

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