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Leçon d’entrepreneur : “On n’a rien sans rien”

Récits de défaites au pays des réseaux sociaux

Cette dernière année passée à mon compte a été riche en enseignements.

Il y a plus de 6 mois je partageais dans un article comment cela ne servait à rien d’aller plus vite que la musique. (lien à la fin) Aujourd’hui, je voudrais partager un autre enseignement, à la formulation elle aussi tirée de la sagesse populaire :

On n’a rien sans rien.

Récemment, c’est une leçon qui m’a souvent été infligée. On l’oublie encore et toujours, et à chaque fois cela vous revient comme une claque au visage.

Définition

Qu’est-ce que j’entends par là ?

Il n’est pas vraiment possible d’avoir un impact significatif sans réel investissement.

Exemple : développer la présence de Scrum Life sur les réseaux sociaux

L’année passée, j’ai continué de faire grandir la marque Scrum Life, tout en montant en parallèle mon entreprise de conseil.

Nous avons essayé diverses choses pour faire grandir cette marque — je passe au “nous”, car quand il s’agit de Scrum Life, j’intègre Constantin Guay derrière cette marque.

Publier sur les réseaux sociaux des extraits vidéos de Scrum Life

En voilà une idée géniale ! Publier des extraits de Scrum Life, qu’il s’agisse de moments chocs, ou aux propos brillants, ou enfin tout simplement drôles.

Et… Oui. C’est vrai. On avait par exemple publié cet extrait suite au confinement, et ça avait résonné avec le public à l’époque, surtout sur LinkedIn :

https://twitter.com/scrumlifetv/status/1255399464853999617

Scrum Life posted on LinkedIn

Et vous, qu'est-ce que le #confinement a changé dans votre équipe ? On en parle demain sur Scrum Life, suivez-nous…

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Sauf que…

L’idée était de réussir à générer quelque chose pour un investissement réduit.

Et, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, faire ce genre d’extraits pour les réseaux sociaux, ce n’est pas gratuit :

  • Il faut potentiellement identifier les extraits pertinents. Cet extrait-là s’est imposé un peu naturellement, mais ce n’est pas toujours apparent.
  • Et puis il faut ensuite les mettre en forme, idéalement carré, intégrer les sous-titres, habiller un peu tout ça. Cela prend plus de temps que ce que l’on imagine.
  • Quant à la publication sur les réseaux sociaux, elle est nettement moins évidente à automatiser que pour du simple texte ou des images. Au final on se retrouve à mettre en ligne directement sur les plate-formes elles-mêmes. Quoi que l’on fasse, chaque réseau social a ses codes, ses spécificités et son public, et il n’est pas évident de toucher plusieurs réseaux sociaux en mutualisant l’effort.

Alors, vous vous direz peut-être :

Mais pourquoi autant s’embêter ? Il suffit de sortir la vidéo brute et puis voilà. C’est le contenu qui compte.

Et je vous répondrais : oui et non. Pas tout à fait. Evidemment la forme ne fait pas tout mais elle joue indéniablement. Et puis, même sans insister sur la forme, faire ces extraits prend aussi du temps, même si moins. Quoi que l’on fasse, cela prend toujours plus de temps que ce que l’on imagine.

En fait tout ce que je voudrais dire c’est que : on n’a rien sans rien.

  • La moindre initiative prend du temps. La moindre chose coûte.
  • Bien faire les choses coûte plus cher. Mal faire les choses rapporte moins.
  • Quand on fait mal les choses, difficile de savoir si cela marche mal parce que c’était une mauvaise idée ou si c’était parce qu’on a mal fait les choses.

Publier sur les réseaux sociaux des scènes coupées de Scrum Life

Deuxième idée, similaire à la première : publier sur les réseaux sociaux des extraits qu’on n’a pas utilisé pour une raison ou une autre — des scènes coupées. Cela dépend des épisodes, mais parfois nous avons énormément de complément à apporter aux vidéos et pour garder une durée raisonnable nous nous concentrons sur l’essentiel et nous coupons. Faut-il juste jeter ces morceaux ou pourrait-on les utiliser intelligemment ? En faire des extraits pour les réseaux sociaux ?

Voici deux exemples.

Premier exemple :

https://twitter.com/scrumlifetv/status/1252962554944593920

Scrum Life posted on LinkedIn

GESTION DE PROJET AGILE Se passer d'estimations, le #NoEstimates, est-ce si difficile que cela à concevoir ? On…

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Deuxième exemple :

https://twitter.com/scrumlifetv/status/1267784785671467008

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Oui, Scrum Master, c'est un vrai métier ! Voici divers contenus pour vous en convaincre ou vous donner des…

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Là encore, l’idée était de réussir à générer quelque chose pour un investissement réduit.

Mais ça ne va pas le faire non plus :

  • Comme pour les extraits, faire ce type de vidéo coûte plus cher qu’on ne le croit. Le mettre en forme et l’adapter aux réseaux sociaux, ainsi que la publication, ce n’est pas gratuit. Potentiellement il faut aussi finir de mettre en forme l’extrait, qu’on aurait autrement simplement jeté.
  • Autre chose : l’extrait seul a une valeur limitée ; il faut le remettre dans son contexte pour qu’il soit pertinent. La vidéo risque de perdre les personnes qu’on a pourtant réussi à attirer. Evidemment, réussir à intégrer ce contexte dans la vidéo augmente encore le temps nécessaire à sa production. Cela avait été bien fait pour le premier exemple ci-dessus, mais assez mal pour le second.
  • Ce type de vidéo a un positionnement douteux. Par essence, un bonus a moins de valeur que le contenu principal. Une scène coupée a été, justement, coupée. Ce n’est donc pas avec cela qu’on va attirer du chaland… Au mieux, cela serait mieux en tant que bonus réservé aux plus grands fans de la chaîne, ceux qui nous soutiennent via Tipeee par exemple.

En réalité, la motivation profonde à ce type de vidéo est mauvaise : on se sent avant tout mal de jeter du contenu dans lequel on s’est investi, alors on essaie de lui trouver une autre vie. Mais trouver cette autre vie a un coût, un coût réel et pas anodin…

Bref. On n’a rien sans rien.

On voit aussi que le premier exemple, au-delà de mieux contextualiser les choses par rapport au second exemple, parle aussi de sujets à la fois plus polémiques (le fameux #NoEstimates) mais aussi touchant une audience plus large (la gestion de projet). À se demander s’il ne faudrait pas créer du contenu spécifique aux réseaux sociaux…

Créer du contenu dédié aux réseaux sociaux

Cela semblait la chose logique à faire. Créer du contenu spécifiquement pour les réseaux sociaux !

C’était cette fois Constantin Guay qui prenait la caméra :

https://twitter.com/scrumlifetv/status/1257585081574703104

Scrum Life posted on LinkedIn

En complément de l’épisode de #ScrumLife sur le #recrutement d’un #ScrumMaster, voici un autre conseil qui n’était peut…

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Ce qui est intéressant dans cette vidéo, c’est qu’elle est presque un micro-épisode de Scrum Life de moins d’une minute, tout en faisant la promotion de la chaîne. Pas mal !

Evidemment on s’éloigne de l’idée du pas cher avec une vidéo qu’on conçoit, tourne et monte de bout en bout.

On n’a rien sans rien et cette fois, j’en ai vraiment marre de me prendre encore et toujours cette même leçon.

Et pourtant…

Publier chaque jour une vidéo brute

Pourtant, cela ne m’a pas empêché d’y croire encore une fois et cette fois en prenant le parti de faire des vidéos brutes, avec un habillage minimal voire inexistant, où c’est le contenu qui compte avant tout.

Après tout, on en voit passer plein sur LinkedIn, des gens prennent leur téléphone et racontent des trucs, pourquoi pas nous ?

Alors on se lance !

Tout d’abord, fini la publication sur Twitter. On balance direct sur LinkedIn et voilà.

À l’époque, nous venions d’animer un Live particulièrement intéressant autour de la comparaison entre Scrum et Kanban. De nombreuses questions ont été posées par le public et laissées sans réponse. Et si on en faisait le tour ?

Cela donnera lieu à toute une série de vidéos sur LinkedIn, publiées au rythme d’une par jour pendant une semaine. Voici plusieurs de ces vidéos :

Scrum Life posted on LinkedIn

Christophe Gesché lors du Live #ScrumLife hier : « autre phrase entendue, Scrum c'est kanban mais on a droit…

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Scrum Life posted on LinkedIn

Question de Laurent VIDAL posée pendant le Live à propos du #ScrumLife « Kanban, Scrum : lequel choisir ? » : Pourquoi en…

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Scrum Life posted on LinkedIn

Commentaire pendant le Live à propos du #ScrumLife « Kanban, Scrum : lequel choisir ? » : Pas d'objectif = pas de…

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Scrum Life on LinkedIn: #ScrumLife | 12 comments

Si les développeurs font du support, n'est-ce pas trop difficile de faire du Scrum dû à la bande passante prise…

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Scrum Life on LinkedIn: #Kanban #ScrumLife #ScrumLife | 17 comments

Nicolas Ploquin : « Bien sûr qu'il y a des itérations en #Kanban ! Nous, on en fait parfois 3 par semaine, ou une…

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Que constate-t-on ?

  • Les vidéos se ressemblent visuellement. En lecture en diagonale, il est facile de passer sur une nouvelle vidéo et de supposer l’avoir déjà vue.
  • On est vraiment sur un habillage minimal. Le seul effort a été le découpage au format carré, plus approprié aux réseaux sociaux. Pire encore, j’ai osé me montrer sur Internet — et sur LinkedIn qui plus est, le fameux “réseau professionnel” ! — en t-shirt et non pas en chemise. Rajoutons la barbe, bref, je ne suis pas très présentable.
  • Niveau contexte, ce n’est pas très évident. J’essaie d’expliquer d’où vient la question à laquelle on répond, mais au final c’est plus une publicité pour l’épisode et son Live qu’une véritable remise dans le contexte — et commencer par de la pub, ce n’est pas idéal.
  • Sachant que le Live draine déjà une partie réduite de notre audience par rapport aux épisodes, ces mini-vidéo (pas si mini que ça d’ailleurs pour certaines) sont encore plus spécialisées en termes d’audience. Avec le recul, ce n’était pas avec ça que l’on allait augmenter la portée des réseaux sociaux de Scrum Life.
  • On notera tout de même quelques échanges intéressants, notamment avec les personnes que je mentionne dans les posts car à l’origine de la question ou du commentaire.

Bon. Mouais. C’est pas fifou tout ça.

Vous savez ce que je vais dire… On n’a rien sans rien.

  • Une fois encore on a voulu recycler du contenu plutôt que d’en créer du nouveau. Certes, je me suis filmé pour l’occasion. Mais le sujet n’est pas nouveau : on reprend ou complète d’autres contenus.
  • Mais surtout, on rate complètement la cible : à trop vouloir recycler ou réduire les coûts de production, on parle simplement de la mauvaise chose ou de la mauvaise manière au vu de l’audience visée.
  • Par contre, le coût était contenu. Cela ne m’a pas coûté cher à faire. Mais c’est au point où j’ai presque honte de les avoir sorties… Au final, je ne pense pas que cela n’ait servi ni le contenu ni la marque.
  • On pourrait dire que j’en ai eu pour mon argent… J’ai peu investi, j’ai eu peu d’impact.

Jean-Pierre, tu nous dis juste que tu es un mauvais marketeux numérique…

Ces expérience avec les réseaux sociaux nous ont amené à quelques conclusions :

  1. Réussir à faire grandir rapidement une marque en ligne, c’est un vrai travail. Cela demande une réelle expérience mais aussi et surtout du temps, beaucoup de temps. On n’a rien sans rien et s’il y a évidemment de meilleures manières de s’y prendre qui sont plus efficaces que d’autres, dans tous les cas cela nécessite un investissement réel et conséquent. Cela n’arrive pas en passant juste quelques heures dessus dans la semaine.
  2. En ce qui nous concerne, moi et Constantin Guay, nous nous sommes finalement dit que la meilleure manière d’utiliser notre temps est de nous concentrer sur notre force : la production des épisodes de Scrum Life. Notre but est de créer du contenu de qualité et de laisser ensuite la communauté se charger de le relayer — justement parce qu’il sera de qualité. On n’a rien sans rien, hein, j’vous rappelle.

Rien n’est gratuit

C’est peut-être la dernière chose que je retire. C’est une autre manière de dire qu’on n’a rien sans rien : rien n’est gratuit.

Cela fait directement écho à mon expérience en tant que développeur ou en tant que Scrum Master. Les développements gratuits, ça n’existe pas. Il faut toujours tester. Trouver les infos avant de s’y mettre. Tenir les tickets à jour. Il est très difficile de réellement terminer quoi que ce soit en moins d’une heure.

Cela s’applique à tous les domaines. Ecrire un e-mail. Mettre un jour une info sur un site. Poster sur les réseaux sociaux. Décider d’une stratégie. Installer un nouveau câble.

Il est bien entendu possible d’optimiser en choisissant des solutions moins coûteuses, ou en adaptant le type de tâche à son niveau d’énergie ou à son humeur actuels. Mais rien n’est gratuit. Rien. On n’a rien sans rien.

Prioriser ! Et jeter !

Il est donc essentiel de choisir ce que l’on fait, et surtout ce que l’on ne fait pas. Rien n’arrivera par magie, quoi qu’on fasse il faudra bosser. Au moins un peu. Et sûrement beaucoup pour être au niveau de ce qu’on veut avoir. Et oui, car on n’a rien sans rien. Alors, clairement, le nerf de la guerre c’est la priorisation. Et jeter un max de trucs !

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