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Cette satanée zone de gris…

Cette satanée zone de gris…

Nommer ce qui ne va pas dans nos organisations et équipes

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La zone de gris, c’est quand ça ne se passe pas vraiment bien, mais que ça ne va pas vraiment mal.

C’est quand la situation est suffisamment mauvaise pour que des problèmes gênants arrivent, mais pas suffisamment pour que les problèmes en question soient pris à bras-le-corps.

C’est aussi quand on engage un Coach Agile pour améliorer les choses, mais qu’on n’a pas vraiment envie de changer les choses.

https://www.artstation.com/artwork/3vzkE

Cette zone de gris est très importante pour nous autres facilitateurs, Scrum Masters, et Coaches Agile.

Parce que ce que nous voulons, c’est que les personnes prennent en charge les problèmes eux-même. Parce que si nous les corrigeons à leur place, alors ça ne sera pas pérenne. Il faut qu’ils portent les solutions eux-mêmes.

Mais du coup ça nous embête d’être dans le gris. Parce que si c’était insupportable, alors ils feraient quelque chose, ils réagiraient, c’est évident.

Sauf qu’on est dans le gris. Alors ils ne font rien. Ils se plaignent, ils perdent du temps, ils ronchonnent, ils ont des journées de m***e. Ils ont le moral dans les chaussettes. Parce que bon, ces problèmes bien relou, et bien ils ne sont pas si grave que ça. Ça se contourne. On perd un peu de temps, OK, mais ça passe. On n’est pas encore au point de rupture où on se dit que là, non ça y est c’est fini, on arrête tout et on fait quelque chose.

Et donc cette zone de gris elle nous intéresse. Parce que finalement, tout est question de jugement.

Il suffirait juste d’ajuster le jugement… Et qu’on se dise que finalement, non, on n’est pas dans le gris, là. On n’y est plus. On en a assez. Il faut réagir.

Ce qui nous amène à une des leçons de base du coaching Agile :

Il faut provoquer un sentiment d’urgence.

Provoquer un sentiment d’urgence, oui, c’est exactement ça : ajuster la vision du monde pour qu’on ne soit plus dans le gris, mais dans l’insupportable.

https://www.artstation.com/artwork/3vzkE

Et comment on fait ça ?

On peut mesurer l’impact réel d’être dans le gris. Du coût que représentent ces problèmes, de tout l’effort qu’on doit mettre ensuite pour compenser. Faire ainsi réaliser que le gris n’est pas si supportable que ça ; et passer du gris à l’insupportable.

On peut aussi pousser à l’extrême les conséquences du gris.

Appuyer là où ça fait mal.

On affiche en gros les indicateurs qui font mal, de sorte qu’on ne puisse plus les ignorer. On force les gens à respecter à la lettre les process plutôt que de bricoler autour des absurdités dudit process. On met en place une communication transparente, de sorte que les échecs ne puissent plus être ignorés, de sorte que ceux qui paient soient au courant qu’on jette l’argent par les fenêtres.

Ou tout simplement, on discute de manière informelle avec ceux qui galèrent pour leur faire réaliser à quel point ils galèrent.

Finalement, toutes ces stratégies se complètent car elles ne toucheront pas les mêmes personnes.

https://www.artstation.com/artwork/3vzkE

Sortir de la zone de gris, c’est passer dans l’insupportable pour qu’enfin il y ait une réaction et une correction durable.

Sortir de la zone de gris c’est aussi réaliser qu’il existe un monde merveilleux, à portée de main, atteignable si on s’en donne les moyens.

Et oui, car on n’est pas juste des sadiques. On ne cherche pas à faire souffrir encore plus les gens. On veut qu’ils réalisent qu’ils peuvent se construire un environnement où tout se passerait bien, où il n’y aurait pas de frustration. Mais les faire souffrir à propos de la situation actuelle, il faut bien reconnaître que c’est un des meilleurs moyens pour pousser à l’action.

Disons que ça marche encore mieux si en plus de réaliser à quel point on souffre, on entrevoit aussi un autre monde. Un monde non seulement dans lequel on n’a plus mal, mais aussi un monde dans lequel on se fait plaisir.

Réagir pour arrêter de souffrir, mais aussi pour vivre heureux !

Tiens, en voilà un nom original qui changerait de Scrum Master, Coach Agile, Agiliste, Agilitateur. Pourquoi pas Chasseur de Gris ?

Car finalement un de nos buts, c’est bien de chasser l’ambiguïté, de chasser le gris — à tous les niveaux.

  • Avoir des rôles et responsabilités clairs et surtout assumés.
  • Avoir une vision, et que celle-ci ne soit pas juste donnée mais que les actions soient congruentes avec cette vision.
  • Que les demandes aux équipes soient cohérentes avec les moyens qu’on leur donne, et vice-versa.
  • Que les équipes fassent preuve d’un professionnalisme exemplaire, et que le reste de l’organisation les traite comme tel, comme des professionnels qui connaissent mieux que personne leur métier.
  • Que la règle de base soit la confiance, parce qu’on est tous dans le même bateau avec les mêmes objectifs.
  • Que la communication soit transparente, sans hypocrisie, la même pour tout le monde à tous les niveaux.

Et c’est ça, le monde merveilleux qu’on vend à tout le monde. Un monde où on a confiance et où on assume, un monde où on est transparent, cohérent et congruent, un monde où on est professionnel.

Chasseur de Gris : qui appuie très fort là où ça fait mal pour provoquer un changement d’habitude et construire un monde merveilleux à la place.

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